Les suites dramatiques de Saint-Paul

La Famille Puloc'h de Pont-Aven

Manuel Puloc'h est né à Trégunc le 25 Décembre 1903. Il épouse Marie-Louise Guenharo le 1 Novembre 1928. Il travaille comme journalier dans la ferme de Kéramperchec. Chargé du travail de la terre, sa femme doit s'occuper des travaux ménagers. Ainsi lorsque le mirage de Saint-Paul apparait à l'horizon, il décide de partir afin d'assurer une vie décente à son épouse et ses deux enfants. Marie-Louise, elle, reste à la ferme. 

Mais Manuel ne reviendra jamais.....Alors les propriétaires , ne trouvant plus aucune utilité à garder cette pauvre femme et ses enfants à leur service décident de la mettre dehors.

 

Hervé le petit-fils de Manuel raconte:"

Mon père Roger ne m'a jamais parlé de cette histoire et je dois avouer que les rares fois où ma mère a abordé le sujet, juste pour me dire que mon grand-père était mort aux Iles Kerguelen, sans entrer dans les détails, je n'y ai pas porté une oreille très attentive. Je n'avais aucune idée d'où se trouvaient ces Iles et comme je ne l'avais pas connu, qu'il soit mort là où ailleurs ne faisait pas une grande différence.
C'est dans le livre de Daniel FLOCH que, page après page, j'ai découvert l'atrocité de ce qu'ils avaient dû endurer. Je l'ai lu une fois. Je n'ai jamais pu le relire.
Je voulais juste préciser que quand mon grand-père est parti, il était journalier dans la ferme de Keremperchec à PONT-AVEN. Il y était donc logé, nourri et payé une fois par an comme il était d'usage à l'époque. Ma grand-mère Marie Louise y était employée comme bonne à tout faire.
Comme mon grand-père n'est pas revenu et qu'il n'y avait plus ses bras pour travailler à la ferme, elle a tout simplement été virée et s'est retrouvée à la rue avec ses enfants, dans la misère la plus totale.
Elle non plus n'a jamais été indemnisée et quand elle est morte le 19 janvier 1942 à l'âge de 35 ans, mon père n'avait que seize ans. Sa sœur Simone et son frère Maurice étaient encore plus jeunes. Cela n'a fait que rajouter du malheur à une famille déjà bien éprouvée.

Il y a été accueilli par la famille GOUIN qui tenait les manèges des Casse-Gueules et de la Chenille.
En participant au montage et au démontage des manèges, il y trouvera le gite et le couvert ainsi qu'un peu d'argent de poche.
Je ne sais pas pourquoi, il y était connu sous le nom de Roger FILOCHE.
Il y est resté plusieurs années chez ceux qui étaient devenu sa seconde Famille.
C'est çà aussi la Petite Histoire des Oubliés de l'Ile Saint Paul.
Je remercie tous ceux qui œuvrent pour que se perpétue leur mémoire.

Sur la photo, les employées de la ferme de Keremperchec un jour de pardon de la chapelle de Tremor à Riec sur Belon vers 1929. Une d'entre elles est ma grand-mère. Le petit garçon debout est mon père."

 

Hervé raconte...

Article Le Télégramme

En mémoire de sa famille.

Article Le Télégramme

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