Les mois passent.Le 26 Mars 1930,Louise met au monde une petite fille, que les parents prénomeront Paule, en souvenir de l'île..

Mais voilà,Avril passe et le ravitaillement n'est toujours pas là...L'horizon reste désespérément vide...Pas de moyen de communication avec l'extérieur, l'opérateur radio est partit et personne ne sait faire fonctionner la TSF .

20 Mai 1930, la petite Paule décède. Elle n'aura pas de fleurs.Pour garnir sa tombe Pierre Quillivic plantera une croix fabiquée de ses mains.

Louise écrira plus tard:

"Mes chers parents,

Comme nous attendons d'un jour à l'autre l'arrivée d'un bateau,je me mets à vous écrire,un peu à l'avance pour ne pas être trop à la traîne.Aussi,chère mère,vous devez vous demander comment mon accouchement s'est déroulé.Trés bien ma foi!Et il est rare d'avoir une maternité pareille.Quand j'ai senti les premières douleurs, j'ai quitté la cuisine pour venir à la maison, et bientôt il y avait une grosse petite fille sur l'île. Malheureusement, nous n'avons pas pu la garder. Poutant elle nous donnait des distractions,aussi bien à moi qu'à Victor. Les hommes n'avaient pas été empêtrés pour quoi que ce soit le jour de la naissance.La petite n'aura pas donné beaucoup de frais. Elle est morte le jour de ses huits semaines. Elle n'avalait plus rien, elle est partie comme elle est venue. Même pas le temps de lui faire un baptême. Enfin, ma mère, il faut prendre la vie comme elle vient. Mais je serai longue avant de l'oublier, la pauvre petite. Que sert-il à le dire, maintenant, puisqu'elle n'était pas faite pour rester avec nous".

Juin ,toujours pas de bateau ravitailleur. Alors les gardiens, plongés dans un syndrôme lié à l'isolement et à l'abandon continuent de se nourrir de ce qu'ils ont en leur possession: Des conserves de Boeuf en gelée.

15 Juillet, Manuel Puloc'h ressent les premières douleurs du mal:Les chevilles enflent, puis les jambes.L'enflure monte, poitrine, cou, tête. il gagne les testicules. Le malade est incapable de s'alimenter.Trés faible,il vomit toute nourriture; Sa température est inférieure à 36°. Il a une énorme envie de boire,mais ne peut uriner.

La maladie l'emporte le 30 Juillet..Cette maladie qui emportera le petit Malgache François Ramamonzi le 22 Aout et le mari de Louise, Victor le 1er Septembre, les gardiens finiront par l'identifier grace au livre de médecine qu'on leur a laissé comme étant Le Scorbut ..

Le 27 Octobre, Pierre Quillivic embarque sur un des bateaux et part en mer par gros temps. Certaines archives de presse nous laisse entendre que ce pauvre jeune avait revétu le costume brodé par sa mère, partait il pour tenter d'échapper à la mort en espérant trouver une côte hospitalière? Avait il ressentit les premiers symptomes de la maladie? Nul ne le saura jamais, son corps ne fut jamais retrouvé ....

 Personne en France ne s'inquiétait du devenir des 7 Gardiens.Lorsque le 6 Décembre 1930,l'île Saint-Paul, un vieux rafiot affrété par les frères Bossière arriva sur l'île seulement 3 des 7 gardiens avaient survécus.

Un long procés intenté en 1931 contre la société "La Langouste Française" finit par rendre la société responsable et la condamna à verser aux victimes et aux famille des victimes des allocations qui ne furent jamais versées.La société ayant fait faillite.Ce procés dura 6 ans.

Manuel Puloc'h était avant son départ journalier dans une ferme de Pont-Aven. Attaché au travail de la terre, son épouse garantissait les travaux ménagers et culinaires pour les propriétaires de cette ferme. Manuel ne revint pas, son épouse fut mise à la porte avec ses enfants.Usée par le chagrin et la maladie, elle mourut le 19 Janvier 1942 à l'age de 35 ans. Le plus vieux des enfants n'avait que 16 ans. 

 

 

 

 

Louise le Brunou et sa fille Maria Réferet,née de son premier mariage, sur la tombe de Victor et Paule

La tragedie des gardiens de lile saint paul

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